Le néolibéralisme et la destruction des biens communs

Roland Gori est professeur de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille, psychanalyste et auteur de nombreux livres (dont « La fabrique des imposteurs », « Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux? », ou « L’individu ingouvernable »).

Dans cette vidéo, Roland Gori expose et développe un certain nombre d’idées et de concepts: Le rôle de l’art, le sens de la religion, l’importance du lien social et surtout le néolibéralisme et ses conséquences. Sur ce dernier point, voilà ce qu’il en dit justement:

« Aujourd’hui le néolibéralisme a détruit, en quelque sorte, tout ce qui pouvait constituer nos biens communs partagés, c’est-à-dire tout ce qui pouvait constituer l’héritage de ce qu’on a pu appeler l’Etat providence, l’Etat social (qui n’est simplement que le partage de biens communs). Le néolibéralisme considère que l’éducation, la santé, la justice qui étaient des priorités après la seconde guerre mondiale sont devenus aujourd’hui des déficits qui aggravent la dette. Et bien ce néolibéralisme a un peu plus davantage isolé les individus en ouvrant une guerre de tous contre tous. Et face à cette destruction que constitue le néolibéralisme, les individus cherchent d’autres valeurs. Et ils peuvent les trouver dans des mouvements sectaires, sanglants, fanatiques qui leur attribuent une classe dans la communauté. C’est la misère pas seulement matérielle mais aussi symbolique, résultant d’une difficulté à trouver sa place, un lieu d’identification, de nouvelles marques qui finalement laisse ces gens démunis, détruits, et déjà morts vivants. Et du coup, ils deviennent la proie de n’importe quel prédateur. On détruit l’individu dans sa capacité de trouver ses marques ; on détruit les dispositifs qui lui donnent des marques sociales et subjectives et en lieu et place, on injecte un nouveau dispositif qui vient le maîtriser, le contrôler, le guider jusqu’à la mort. Mais d’une certaine façon, il est déjà mort. »